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La banque de travail des monts du Cantal retisse du lien entre agriculteurs

La banque de travail des monts du Cantal retisse du lien entre agriculteurs

Quoi de plus simple qu'un coup de main entre voisins ! Qui plus est, lorsqu'on vit et travaille sur des terres agricoles, le plus souvent à des kilomètres les uns des autres. C'est parce qu'il a souhaité relancer l'entraide, autrefois traditionnelle, qu'un groupement de vulgarisation agricole du nord Cantal (GVA), a mis au point un système de banque de travail.

« La banque a ouvert il y a environ 9 mois », raconte Olivier Roche, responsable de son bon fonctionnement au côté de Pierre Baladuc. « Bien que le système soit autonome, nous organisons une assemblée en fin d'année pour faire le point. Ce sera un moment convivial qui nous permettra de veiller au bon équilibre des services. » Le principe est, comment dire ? Terre à terre : s’offrir mutuellement du temps, des savoir-faire et du matériel. Chacun établie la liste des missions qu’il propose et/ou du matériel qu’il met à disposition.

« Pour exemple, il n'est pas nécessaire que chacun investisse dans un valet de ferme [sorte de mini-tracteur] pour 3 heures de travail par an. Eh bien ! c'est le propriétaire du matériel qui se déplace et effectue les tâches. Je peux aussi échanger l'utilisation de ma tonne à lisier contre le nettoyage de mes parcs… » Une fois l'aide accomplie, sa nature et le temps passé sont notés sur un carnet à souches, traduits en points selon un barème établi et validé par tous. Ainsi sait-on toujours où l'on est en est du nombre de points, acquis ou dus.

« La banque est là pour faire en sorte que personne n'abuse, ne se sente lésé ou redevable à l'excès, car au fond il ne s'agit pas de “compter ses heures”…

… N'étant pas une association, il n'y a pas de cotisation. Chacun est libre de venir et repartir, une fois ses engagements respectés. Il suffit d'être adhérent au GVA sans qui le projet n'aurait pu se concrétiser, notamment grâce à l’aide de nos conseillers de secteurs, Annick Bouscarat et Didier Nureau. »

Sur ce territoire de Mauriac – Pleaux – Salers, 15 agriculteurs ont saisi l'opportunité sur les 30 présents à la réunion de présentation. « Ils sont à la tête d'exploitation de taille moyenne et de tous âges. Les plus gros ont probablement aussi des besoins mais il faut trouver le temps de rendre la pareille. » Si la formule a pour avantage d'alléger les investissements, elle a pour vertu première de rompre l'isolement et d'offrir un peu de temps libre. Dans le Nouveau Monde, de solitaire on redevient solidaire !

Illustration © Journal L'UNION du Cantal

Signé : Corinne Pradier

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