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Cardiauvergne fait ses preuves

Cardiauvergne fait ses preuves

Sous l'impulsion du Pr. Jean CASSAGNES, ancien Chef du Pôle de Cardiologie au CHU de Clermont-Ferrand, un Groupement de Coopération Sanitaire a mis en place fin 2011 un partage de l’information via un dossier médical informatisé. Baptisé Cardiauvergne, cet hôpital virtuel destiné aux insuffisants cardiaques chroniques a pour but de renforcer la coordination des soins en facilitant le décloisonnement domicile-hôpital, monde libéral et hospitalier.

Soutenu par l’Agence Régionale de Santé, le dispositif Cardiauvergne assure une réduction de la mortalité et diminue le risque de réhospitalisation : Une réponse encourageante pour un enjeu majeur de santé publique.

Sur les 2 000 insuffisants cardiaques les plus graves de la Région, au 22 septembre dernier, 794 ont été inclus dans le programme. « Le dispositif est bien déployé, souligne le Pr. Cassagnes. 427 dans le Puy-de-Dôme, 189 dans l'Allier, 64 dans le Cantal, 66 en Haute-Loire et 27 dans l'un des départements limitrophes, sous condition que le professionnel de santé auxquels ils s'adressent soit installé en Auvergne. » Les patients sont invités par leur cardiologue à rejoindre le dispositif « au cours ou au décours d’une hospitalisation ».

S'il remarque l'importance d'inscrire la Télémédecine dans la nomenclature de la Sécurité sociale pour assurer son déploiement (libre et gratuit) en France, le Pr. Cassagnes met en lumière l'investissement des professionnels concernés (publics et privés). De façon sécurisée, ces derniers ont accès aux informations vitales de leurs patients, ceux-ci après avoir bénéficié d'un entretien d'éducation thérapeutique sont équipés d’une balance et d’un télétransmetteur leur permettant de renseigner quotidiennement leur poids dans leur dossier. Leur infirmière libérale est contactée et va télécharger sur son smartphone l’application "CardiMobile" lui permettant de renseigner dans le dossier informatisé le suivi clinique ; les laboratoires d’analyses médicales téléchargeront le suivi biologique et le pharmacien d’officine renseignera la thérapeutique à chaque délivrance d’ordonnance. Un système expert développé par Almerys génère des alertes ou alarmes suivant le niveau de gravité. « Nous travaillons en concertation avec 1243 infirmiers et infirmières, 556 médecins généralistes, 112 cardiologues, 84 biologistes et 425 pharmaciens. » La cellule de coordination compte 1,5 équivalent temps plein de cardiologue, deux infirmières formées à l’éducation thérapeutique et une secrétaire.

Après 33 mois de fonctionnement et une durée moyenne de suivi égale à 14 mois, les résultats au 31 août 2014 sont les suivants : « Nous enregistrons 12,8 % de décès par an, sachant que les meilleures statistiques en Europe sont de 28 %. Nous avons divisé par 3 le taux de réhospitalisation : 13,7 % contre 29 à 40 %. La durée moyenne de séjour à l’hôpital est de 9,2 jours contre 13, selon les chiffres publiés par la CNAM. Quant à la date de la première réhospitalisation elle a beaucoup reculé, ce qui témoigne également de l'effet bénéfique de ce dispositif d'accompagnement. Plus le temps passe et plus tout cela se confirme. Aucune pilule ni aucune technique ne donnent de tels résultats ! »

Tandis que d'autres régions pourraient s'inspirer de ces premiers résultats, Cardiauvergne entre dans une nouvelle phase de son développement. « Nous testons des ceintures “instrumentées” afin de surveiller l'adaptation de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle à l'activité physique chez des patients en bilan de prétransplatation cardiaque. » L'étude 2 devrait porter sur une cinquantaine de patients. Le Nouveau Monde a du cœur et le prouve ! www.cardiauvergne.com

Signé : Corinne Pradier