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#En conclusion

#En conclusion

Quelles sont les lignes directrices de cette série de témoignages sur les pratiques collaboratives ?

On repère d’abord des initiatives autour du “faire” et de l’échange, souvent très locales et ouvertes: par exemple avec le Parcc Oasis à Clermont, qui se veut un tiers-lieu collaboratif favorisant l’émergence de nouvelles interactions entre les participants. Si elles ont un impact économique, le but initial de ces expériences est bien de recréer du lien social, parfois en investissant des sites urbains laissés en friche. Approche similaire mais sans doute plus classique: celle de l’échange et de l’apprentissage entre métiers. Au Lab’ du Pensio au Puy, sa fondatrice Adélaïde Albouy-Kissi pense que “les Fablabs sont surtout des Living Labs: on ne vient pas forcément pour fabriquer des objets, mais pour apprendre, échanger, rencontrer, expérimenter.”. C’est cette logique qui a donné naissance par exemple à la Maison de Compétences d’Aurillac, où - selon Marie Carreaud, sa directrice - “on réfléchit en termes d’écosystème, sans se bloquer sur une sphère de métiers, comme le numérique ou la communication”. Une vision transversale qui se retrouve aussi sur le projet Box Bois, première plateforme collaborative pour la filière bois initiée dans l’Allier.

 

Deuxième ligne directrice: celle liée aux territoires, qu’ils soient focalisés sur une ville ou sur la grande région.

Ce type d’initiatives est un des champs d’action de la CRESS, décrite par son vice-président Jean-Claude Lahaye: “Dans chaque territoire, il y a des forces et des faiblesses: une de [nos] missions est d’en faire l'inventaire, de trouver des points d'appuis et d’initier des coopérations du type PTCE [Projets Territoriaux de Coopération Économique].” On voit alors l’émergence d’actions structurantes et dynamisant un territoire entier. C’est le cas à Thiers avec l’initiative “territoire zéro chômeur de longue durée”, portée par la Ville et mobilisant plusieurs acteurs économiques thiernois. Egalement à Murat, dans le Cantal, où la Communauté de Commune a créé la Cocotte Numérique, précurseur de la “ruralité innovante”.

Et comment se positionnent les grandes entreprises auvergnates vis-à-vis de ces pratiques collaboratives ?

Elles peuvent les prendre à bras le corps, comme ce que fait Limagrain à travers sa politique d’innovation de plus en plus orientée “client”. Comme le souligne Valérie Mazza, directrice scientifique de la Coopérative agricole: “travailler avec nos clients, ou des utilisateurs de nos produits - dans certains cas des agriculteurs, dans d'autres cas des consommateurs - c'est quelque chose d'assez nouveau.”. L’autre logique est une approche indirecte à travers un acteur dédié, tel que le Bivouac - co-fondé par l’Agglo de Clermont, la Région, et 9 partenaires privés. Son originalité est ainsi résumée par Benoît Membré, son directeur: “pour les start-ups de mettre en mouvement la force publique qui finance, pour initier, et des privés pour les accompagner”. En d’autres termes, c’est de l’innovation ouverte.

Dernier point: plusieurs intervenants dans nos témoignages insistent sur la nécessité de “laisser faire”. 

A commencer par Eric Dacheux, Professeur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Clermont Auvergne, qui appelle les pouvoirs publics à “aider ceux qui veulent faire. Ne pas faire pour, ni faire à la place. De même, ne pas tout normer, ne pas imposer ses critères d’évaluation.”. Même logique pour Marie Carreaud qui conclut: “Je demande juste qu'on soit facilitateurs, qu'on joue un rôle de miroir, qu’on ne nous empêche pas”

 

Damien Caillard - www.inlocal.fr

 

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