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#Ici et demain : Exotic Systems

#Ici et demain : Exotic Systems

S’ouvrir à ses collaborateurs, ses partenaires, ses clients, son écosystème de proximité est indispensable à la réussite de toute entreprise. C’est aussi et surtout cela l’open innovation. S’enrichir des points de vue d’autrui, développer des synergies et se faire confiance…

Ouvrir la voie de l’open-innovation

La PME Exotic Systems, spécialisée dans l'électronique et la conception d'objets connectés pour d'autres marques, l’a bien compris. Pour Guillaume Blanc, co-fondateur d’Exotic Systems: “Le travail stratégique et la rencontre avec les bonnes personnes dès le début sont des facteurs-clé de succès de l’Open Innovation.”

En septembre, Exotic Systems a annoncé une prise de participation par Limagrain et Michelin pour développer ensemble des objets connectés dédiés à l’agriculture. Vieille de 10 ans, l’entreprise ne s’était pour autant pas encore diversifiée vers l’agriculture.

« On a une maîtrise de la chaîne de valeur complexe, en tant qu’intégrateur de techno » résume Guillaume Blanc. « On se posait la question de notre positionnement, sur quel secteur d’activité on était légitime et où il y avait des besoins et des enjeux: l’agriculture a émergé. On [n’y] avait jamais travaillé, mais on maîtrisait les spécificités techniques attendues par les objets connectés dans ce domaine. »

Un succès lié aux hommes

Avant tout, ce partenariat a été possible grâce à une base de travail saine et équilibrée, liée donc aux rencontres. Les premiers contacts « se sont fait avec les bonnes personnes » comme le résume Guillaume Blanc.

Suite au travail de positionnement, « on s’est insérés dans des groupes de travail de la S3 [la Stratégie régionale de Spécialisation Intelligente] sur l’agriculture, alors qu’on nous attendait sur l’usine du futur ou la cybersécurité : ça a commencé à étonner. (…) Puis c’est allé de rencontre en rencontre » avec les représentants des grands donneurs d’ordres participant à ces groupes de réflexion: Valérie Mazza puis Laurent Barthez pour Limagrain, François Pinet et Benoît Puel pour Michelin … « La confiance s’est installée dès le début, avec l’écoute, le respect mutuel, la considération. »

L’enjeu essentiel est aussi de faire en sorte que le « petit » partenaire garde  le cap dans la négociation qui s’en suivra. Guillaume Blanc insiste sur ce point: « C’est un acte éminemment stratégique que de parler à des acteurs comme ça. Il faut se battre, tenir bon sur sa vision, et les [grands donneurs d’ordres] apprécient. »

Un réseau auvergnat dynamique

L’environnement économique direct a aussi beaucoup joué dans ce positionnement: « autour, un écosystème avec le 4ème semencier mondial, des centres de recherche, un laboratoire d’innovation territorial, des agriculteurs référents … et tous les collaborateurs d’Exotic ont, à titre personnel, des liens forts avec le monde rural. » conclut le fondateur.

Souvent l’opération d’Open Innovation sera pilotée par la plus petite structure, pour des raisons d’inventivité et d’agilité. « Ils investissent dans une start-up qui doit rester ‘elle' » précise Guillaume, « qui ne doit pas être ‘michelinisée’. Il faut être attentif à ce que ça ne t’arrive pas.

« Nous [Exotic] on compte sur eux pour qu’ils nous aident à structurer plus vite, à faire du développement commercial, à tester, à [nous aider à] rentrer vite sur les réseaux de distribution. Ils vont intervenir de manière opérationnelle, mais ce n’est pas leur rôle de piloter le projet. Exotic pilote et ils arrivent en tant que conseils/contributeurs, et ça marche quand il y a une grande écoute. » Au final, l’Open Innovation est un succès quand « tout le monde apprend quelque chose, même quand tu es un grand acteur. Mais il faut être ouvert d’esprit : c’est un des talents des grands groupes sur Clermont. »

Une opération gagnant-gagnant qui permet ainsi à Exotic Systems de conserver ce qui fait sa spécificité et son talent.

 

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