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Diego Landivar ou l'art de la controverse

Diego Landivar ou l'art de la controverse

Originaire de La Paz, en Bolivie, Diego Landivar est arrivé en France en 1999. Ancien normalien, il décroche un DEA en Economie Internationale à la Sorbonne avant d'intégrer le CERDI de Clermont-Ferrand. Titulaire d'un doctorat en Economie sur la question des pays en développement, il co-fonde Origens Media Lab en 2011 et rejoint le Groupe ESC Clermont en 2012.

« J'ai d'abord fait un court séjour en Auvergne à l'occasion de ma thèse. Je me suis intéressé aux controverses, scandales, situations d'urgence, rumeurs, complots... qui éclatent dans nos sociétés et touchent des sujets aussi variés que la culture des OGM, le nucléaire, les scandales sanitaires, les grands complots et même les Ovnis.... J'ai commencé à établir des outils de prévision, d'anticipation, de cartographie et d'analyse de ces situations critiques en utilisant les données disponibles sur le web. »

De 2006 à 2008, Diego Landivar est rappelé au pays où il devient conseillé du ministre de l'Economie et participe à la création d'une banque publique d'investissement. Une haute fonction publique qui lui permet d'obtenir une bourse du CNRS et de pousser la porte du CERDI.

« Le Centre d'Etudes et de Recherches sur le Développement International propose une approche technique avec des paradigmes scientifiques très particuliers. Je me suis ensuite penché sur de nouvelles voies. A mon sens, on ne prend pas assez en compte la subjectivité des personnes à qui l'on s'adresse. Les économistes la craignent comme si elle allait à l'encontre de l'objectivité. Je m'attache à comprendre et réencastrer l'économie dans des débats publics. Les pensées marginales permettent souvent de devancer la pensée traditionnelle univoque. Je lutte contre la hiérarchisation des savoirs. »

Dans le laboratoire indépendant qu'il dirige, Origens Media Lab, Diego Landivar aspire et traite l'expression des subjectivités présentes sur le web.

« Nous ne sommes pas un laboratoire de recherche classique. Certes nous publions des articles traitant de Sciences Sociales mais nous proposons des livrables plus larges. Notre recherche appliquée peut s'adresser aux citoyens comme à l'Etat, lequel aurait intérêt à écouter l'ensemble de la controverse et intégrer des systèmes d'alerte et d'anticipation de risques. En dehors du web, nous avons également une équipe d'ethnographes qui œuvrent sur le terrain. Nous sommes 7 chercheurs associés avec un réseau de partenaires comme le médialab de Sciences Po Paris ou l'école Polytechnique de Milan. »

En tant qu'enseignant chercheur à l'école de Commerce, Diego Landivar avoue sa préférence pour l'Auvergne. « Il y a une tradition d'innovation par la recherche, une vraie politique innovante en Sciences humaines appliquées. A l'ESC Clermont, j'ai une grande latitude pédagogique avec mes étudiants. » Lors de la conférence Les Pépites de l'enseignement organisée le jeudi 22 janvier dernier dans le cadre du salon Infosup, Diego a eu 6 minutes pour présenter son art de la controverse. « Nous avons tous apprécié cet exercice dynamique ainsi que l'espace d'échange convivial qui a suivi. L'accueil était super et le défi intéressant. L'art de la dispute est très développée en France et particulièrement en Auvergne. Plutôt qu’un défaut, je vois là un véritable levier d’innovations et d'opportunités ! »

Signé : Corinne Pradier

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