1235

Episode UN Ma traversée en cargo et l arrivée au Brésil

Episode UN Ma traversée en cargo et l arrivée au Brésil

Avant-propos


Pourquoi le Brésil ?

Tout d'abord, plus les années passent, plus je ressens le besoin de me rapprocher de ma moitié portugaise. Apprendre un peu la langue pour pouvoir communiquer avec la famille. Mais, j'aime bien les grands voyages, alors le Portugal, c'est un peu trop près, il faut aller plus loin, et le Brésil s'est imposé comme une évidence.


Comment le Brésil ?


 Après mes petites pérégrinitations culinaires de l'année dernière, je me rends bien compte, qu'il n'est pas possible d'envisager chaque pays  par la porte d'entrée gastronomique, encore 2 ou 3 voyages comme celui là et je ne marcherai plus, je roulerai comme une grosse boule.
Donc comment ? Et bien ce sera  totalement  l'opposé. Cette fois ci, le grand air, et les activités sportives et de loisirs, histoire de me remuer un peu.
Mais aussi, dépasser mes limites. Alors, étant donné, que je ne suis pas sportive (c'est peu dire), que je n'ai jamais pratiqué, et que j'ai un mode de vie totalement en inadéquation avec ce qui est synonime d'efforts, et bien, ce sera le sport.
La motivation m'est venue de Johnie de la salle de sport vis ta forme à Moulins. Le deal ?  3 semaines d'entrainement intensif (pour moi du moins, c'est à dire entre 1h00, 1h30 de sport par jour), ce sera aussi, des petites séances de 3O minutes quotidiennes au Brésil. Et pas juste du stretching, des efforts, qui font vraiment transpirer et devenir tout rouge, voire violet. Du cardio, des cuisses-abdos-fessiers, les bras, pour se débarrasser de la patte de poulet toute flasque du moment.

Et par quel moyen ? 

Et bien, le Brésil est à ce jour la destination la plus lontaine pour moi. Je veux donc prendre le temps de parcourir cette longue distance. Alors j'ai opté pour le cargo, 15 jours de traversée : Départ Anvers, arrivée Santos, Brésil. Passer l'équateur, contempler l'immensité, ça me semble une bonne idée.

 

Et avec qui ?


Encore et toujours l'Auvergne, "L'Auvergne au delà des frontières". Alors j'ai confectionné un magnifique drapeau à l'aide d'une tige de tente Quechua et un superbe logo A3 plasitifié de l'Auvergne. J'irais le planter un peu partout et j'immortaliserai l'instant !

Combien de temps ?

Sans compter les 15 jours de traversée, ce sera deux mois et 3 jours. Je trouve que deux mois et 2/3 c'est pas mal en terme de durée.
En conclusion
Et bien le programme est chargé, si j'arrive à tout faire je serai contente de moi. Les 30 minutes de sport étant non négociable.
A très bientôt pour le début de l'aventure.

Episode 1 : Le Cargo et l'arrivée au Brésil


J'avais débuté un journal quotidien de mes activités à bord du cargo, mais il faut se rendre à l'évidence, à lire, ce n'est pas passionnant, pourtant à vivre, ça reste un merveilleux souvenir.

Donc voici pour résumer ce que c'est (enfin pour moi encore une fois) que de voyager à bord d'un cargo.
Tout d'abord, l'embarquement se fait sur un port de marchandises, tout est d'acier, immense, hors norme, on se sent tout petit. C'est très impressionnant lorsque l'on monte à bord.

Et puis il y a l'équipage qui se divise comme suit : en bas de la hiérarchie, les Philippins, et oui c'est comme ça, j'y peux rien, et dans le clan des officiers, plutôt des croates et des Montegreins. On vous explique rapidement que ce n'est pas la croisière s'amuse, et qu'ils ont vraiment un travail à effectuer, et que donc ils ne sont pas là pour nous divertir. Mais bon ça on le sait à la base, et c'est un peu le concept.

Je pensais être le seul passager, mais non, nous sommes 5. Une très bonne équipe, deux copains d'une soixantaine d'années qui ont décidé de réaliser leur rêve de gosses et de tout apprendre de la vie sur un cargo, et un couple de danseurs américano-indiens-allemand, qui n'aiment pas trop l'avion.

On nous met en garde pour les 4 premiers jours, en hiver, il y a des tempêtes et donc des vagues de 6 mètres, il faut se préparer à des nuits d'insomnie cramponné au lit pour ne pas tomber à cause du roulement,mais aussi du mal de mer qui va avec.

Alors en toute franchise, le mal de mer je ne l'ai pas eu. Niet, nada, rien ! L'américaine d'origine dominicaine a réussi à devenir blanche pendant 4 jours, mais moi j'ai bien tenu le choc, j'ai peut-être été marin dans une vie antérieure. En revanche, l'insomnie, ça j'ai eu ! Les draps sont aussi doux que de la toile de jutte, et, comme on est brassé de gauche  à droite, j'ai réussi à avoir des éraflures sur le corps. 

Passé les Canaries, là ça commence à être chouette. Déjà on peut mettre le nez dehors ce qui était interdit les 4 premiers jours, ensuite, il fait bon et ça va en s'améliorant. Comble du luxe on a des transts installés à l'avant pour la bronzette.

Et par la suite, assez naturellement, une routine s'installe. La matin c'est debout vers 8h00. Une petite séance de vélo, de rameur ou d'abdos dans la salle de gym, ensuite petit-dej cornflakes/jus d'orange, moment de contemplation à l'avant du bateau à la recherche des dauphins (que je n'ai jamais vu, comme les baleines, mais j'ai eu le droit aux poissons volants en petite consolation). Déjeuner, le cuisto philippin a été formé un mois par le capitaine pour que la nourriture soit mangeable voire bonne. 

Après, c'est la sieste, et vers 15h20, lecture sur la "plage" à l'avant. Vient ensuite l'heure de l'apéro, oui parce que l'on dine tôt sur un cargo : 18H30. Et après c'est un film et au lit. Et vraiment, on ne voit pas le temps passer.

Quant à l'équipage, c'est le ying et le yang, le noir et le blanc, bref rien à voir. Les Philippins dînent tous ensemble, papotent et sont accros au Karaoké, ils ont le matériel dernier cri et font ça tous les soirs. A l'inverse, les croates et le monténégreins, et bien, c'est chacun dans son coin, et pour leur arracher un mot il faut se lever tôt.

L'avantage quand tu es une femme et que tu es avec des hommes qui sont en mer depuis  4 mois, voire 8 mois pour certains philippins, et bien c'est que tu as un petit traitement VIP plutôt agréable.

Le moment que j'ai préféré ? Ah et bien sans aucun doute, le passage de l'équateur. 10 jours après le début du périple, nous sommes tous à l'aise, on s'entend bien. Et c'est là qu'a lieu le baptême où chacun reçoit un nom de poisson ou de quelque de relié à la mer. Pour moi ce sera le Calamar. L'explication donnée, parce que ça coûte cher... je prends ça pour un compliment...

Ce même soir,  barbecue géant (on est 28 tout de même) et karaoké  avec tout l'équipage à l'arrière du cargo. C'est totalement improbable de se retrouver à chanter lamentablement "walk like a egyptian", en ayant bu seulement une bière et en faisant griller de la viande au milieu de l'océan. Et on danse, et l'on découvre le talent vocal des philippins, sérieusement c'est un peu la nouvelle star, le logiciel donne des notes en fonction de la justesse ! Bref cette journée et soirée fut inoubliable.

Et enfin arrive le temps de adieux, et c'est gros sur le coeur, que nous nous séparons. En vivant en vase clos,  les liens se tissent rapidement, une vie communautaire s'est créée à bord. 
Bruno et François, les deux copains partent 3 jours sur Rio avant de reprendre l'avion direction la France. Parce que, eux, vraiment, leur destination c'était LA TRAVERSEE en cargo. Quant à Tino et Isabel, c'est direction Sao Paulo, pour la mise en place d'un spectacle de Danse dans un musée. 

Et moi? Et bien moi je débute mon aventure brésilienne. J'ai trouvé un couchsurfing à Santos. Une petite maison un peu hippie, avec un couple vraiment adorable. Je pensais y rester une nuit mais samedi ils font un grand déjeuner auquel j'ai été conviée. Il faut que je prépare un dessert français et je suis une vraie quiche là dessus.

 Le seul bémol, mais qui n'est vraiment pas des moindres, c'est qu'il y a un labrador de 16 ans, à l'agonie, plein de tumeurs et de plaies et de râlements, et une odeur insoutenable. Un chien ça sent fort mais là c'est vraiment une odeur de mort. Il rampe et aime la compagnie. Je dors dans le salon, il va se coucher à mes pieds. Je ne sais pas si je vais supporter. Là je suis sortie sur la terrasse pour avoir de l'air mais l'idée de m'endormir à côté d'un animal en train de mourir, c'est pas ce qu'il y a de plus agréable. Biak !

Voilà pour ce premier épisode, je reviens d'ici peu pour vous raconter la suite de ma petite virée brésilienne. Beijhenos!!