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Homme des prouesses

Homme des prouesses

L'HOMME DES PROUESSES : de l'ESPÉRANCE à l'ENFER !

 

La rivière ESPÉRANCE domptée

Orgues est le 4e barrage de France est la plus grande retenue française pour un ouvrage en béton.
La surface du réservoir occupe 1 070 hectares et son volume est de 477 millions de mètres cubes. Il alimente 4 autres barrages situés plus en aval : Marèges, l’Aigle, le Chastang, Argentat, Grandval.
Mais cette prouesse technique a eu son revers : le déplacement des populations par l’hydroélectricité à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce déplacement obligatoire fut un choc, douleur transmise aux descendants qui peuvent encore raconter cette aventure humaine, témoignant ainsi avec force de l’attachement d’une population à sa région, du temps des gabares sur la rivière Espérance !

La force de l’ENFER
La commune de GRANDRIF, sur les hautes chaumes du Forez, à l’Est du département du Puy-de-Dôme, possède le barrage des Pradeaux construit sur le ruisseau de l’ENFER entre 1934 et 1940.
Ce lac de barrage présente un caractère très sauvage et permet un vrai dépaysement pour les pêcheurs de truites argentées et amateurs de nature.
De là le visiteur peut lire le paysage sans limite, en découvrant à 360 ° : le Puy de Dôme, le Sancy, le Cantal, l’Aigoual, le Mézenc, le Pilat,…. Seuls les dômes du Goûter et du Mont Blanc sont visibles.

Les plans du barrage des Pradeaux sont dus à André Coyne (1891-1960) qui a dessiné 70 barrages dans 14 pays, parmi lesquels le plus grand barrage multi-voûtes sur la rivière Manicougan au Québec.

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Je voulais surtout saluer la mémoire de l’Homme des Barrages que fut André COYNE et qui, en France, a réalisé tant d’ouvrages (L’Aigle, Marèges, Bort-les-Orgues, Saint-Etienne Cantalès, Chastang,…) et fait vivre tant de villages ainsi que de nombreuses vallées d’Auvergne (Dordogne, Truyère, Corrèze…).
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En 1970 avec son ami Jean Bellier, il fonde son propre bureau d’études COYNE et BELLIER qui existe toujours.

Conscient et honnête, il osait dire : « De tous les ouvrages construits de main d'homme, les barrages sont les plus meurtriers ».

Il a aussi conçu le plan du barrage de Malpasset dans le Sud de la France, qui, le 2 décembre 1959, s’est rompu entraînant la mort de 420 personnes. L’enquête montra que la faute ne venait pas du plan. Une forte pluie avait fait monter le niveau de l’eau de plus de 5 mètres, le barrage était situé sur un site géologique instable et l’ouverture des vannes de sécurité avait été retardée de façon critique. La voûte est du reste encore visible de nos jours.

Malgré tout, André COYNE fut profondément affecté par cette tragédie et il mourut moins de 7 mois plus tard le 21 juillet 1960.

En savoir plus http://www.grandrif.org    

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