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#Interview : Laurent Windenberger

#Interview : Laurent Windenberger

Co-fondateur de la PME Babymoov, Laurent Windenberger en est aujourd'hui directeur associé en charge de l'innovation. Basée à Clermont, l'entreprise est reconnue comme une des plus innovantes en matière de puériculture, et mise désormais sur l'international avec 250 produits commercialisés dans 46 pays. Elle a reçu, le 16 février dernier, la distinction de l'innovation aux Trophées des Entreprises organisé par La Montagne.

 

Vous revendiquez l'innovation comme partie intégrante de l'ADN Babymoov

Je suis convaincu que l'innovation, c'est une démarche et une mission. Une démarche d'entreprise d'abord, où l'on met de la contribution, de l'humain, des idées ... mais ça ne se fait pas tout seul. Il faut une impulsion d'ensemble. Chez Babymoov, on s'est donné comme mission d'innover.

Au début de notre histoire, on misait sur la différenciation commerciale. C'était bien, efficace, mais assez scolaire. Et on a eu une prise de conscience en 2013: l'innovation, ce n'est pas seulement être différent, c'est savoir devenir intouchable. Une phrase qui m'a marquée: "innover c'est ringardiser l'existant". Elle a été inspirante pour tous chez Babymoov. Il fallait être ambitieux, accepter les missions impossibles. Et en faire ressortir une idée folle qui devient réalité, et surtout un véritable succès commercial.

Le "Live Open Innovation Babymoov", peut-il être transposé à d'autres PME ?

Le Live Open Innovation, c'est notre démarche d'ouverture et de co-création. On ne l'a pas inventé, mais on l'a rendu réel et vivant chez nous: la création se fait tout le temps en mode live, à la crèche, en marathon ... le principe, c'est d'oser l'ouverture, se dire que les personnes qui sont sur le travail des produits (marketing, chefs de produits, R&D) ne doivent pas forcément être à la base des idées, mais doivent les accoucher.

Pourtant, on voit des PME qui n'ont pas eu cette ouverture-là. On lit partout qu'il faut innover, qu'il faut co-créer. Mais le plus dur, c'est de savoir comment le faire. Nous, on a trouvé un modèle de prédilection: notre méthode Live Open Innovation ... mais chaque entreprise doit trouver sa propre démarche, selon sa culture et ses moyens. Dans tous les cas, la clé, c'est l'ouverture, et baser l'innovation sur l'usage.

 

Comment se concrétise cette ouverture dans votre méthode d'innovation ?

Souvent, on se dit qu'on ne fera jamais participer ses futurs utilisateurs à la conception du produit. Au contraire ! On est dans une culture où on aime être écoutés, et ça crée de la valeur pour l'entreprise, de la proximité. Les utilisateurs sont en attente de ça. Ce n'est pas difficile de recruter des participants pour des marathons d'innovation. Pourtant, parce que ça paraît lourd à organiser, beaucoup ne le font pas.

Aujourd'hui, les rock star de l'économie ne sont plus les grands patrons mais les entrepreneurs. Et, quand on demande à des usagers de contribuer à l'idée, eux aussi se sentent entrepreneurs. Pour être entrepreneur, il ne faut pas toujours être dans un cadre classique, contractuel, de rémunération. Ca peut être simplement une réunion de personnes qui passent un bon moment, qui émettent des idées pour changer le monde. Et ça, il y a 10 ans, personne ne le faisait. Aujourd'hui, jusqu'aux PME, aux TPE, partout, ça marche. Et ce ne sont pas les grands groupes qui ont lancé ça, ce sont les start-ups. J'adore cette époque !

Propos recueillis et mis en forme par Damien Caillard

 

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