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#Interview : Valérie Mazza

#Interview : Valérie Mazza

Valérie Mazza: “le LIT souhaite explorer et associer toutes les parties prenantes du territoire.”

Valérie Mazza est Directrice des Affaires Scientifiques et de l'Innovation chez Limagrain. Elle supervise le déploiement du LIT GCA (Laboratoire d'Innovation Territoriale Grandes Cultures en Auvergne ), et représente le groupe coopératif notamment au C.A. du Bivouac.


Quelle place tiennent les méthodes collaboratives chez Limagrain ?


La coopération est une des valeurs de Limagrain. Depuis sa création en 1965, nous avons mis en oeuvre ces méthodes de travail. Sur certains territoires, nous avons même créé des co-entreprises avec des concurrents. Par exemple, AgReliant, créée aux USA avec l'allemand KWS (à 50/50): nous avons compris que notre intérêt, afin d’être performants et compétitifs sur ce marché, était d'avoir une masse critique. Nous avons donc uni nos forces pour pouvoir exister. Au final, c'est une stratégie gagnante, puisque AgReliant est devenu numéro 3 sur le marché du maïs aux USA. Et notre relation avec KWS a gagné en profondeur.


Sur l'Auvergne, comment cette approche a-t-elle amené au LIT ?

Le LIT est, pour Limagrain, un projet collaboratif phare car il ambitionne d'associer des acteurs d'une grande diversité. Ce n'est pas une collaboration qui se limite à un seul type de partenaires: académiques, entreprises, collectivités. ... au contraire, c'est vraiment un projet qui souhaite explorer et associer toutes les parties prenantes du territoire.

Le LIT est né au moment où l'écosystème auvergnat se mobilisait sur le projet d’I-SITE CAP 20-25. Cette mobilisation a catalysé une réflexion sur l'avenir du site universitaire clermontois. Sur la thématique des systèmes de production agricoles se sont posées plusieurs questions: comment articuler un travail de fond (production de connaissances, travail de recherche) avec les pratiques du monde agricole ? Et comment faire en sorte que les sujets de recherche répondent à des problématiques économiques concrètes pour les agriculteurs, et qu'ils parviennent à s'approprier ces travaux et ces résultats.


Quels sont désormais vos enjeux collaboratifs pour le proche avenir ?

[Grâce notamment au pôle de compétitivité Céréales Vallée, créée par Limagrain et l'INRA], nous avons atteint une certaine maturité dans des partenariats avec des entreprises établies, des acteurs de la recherche et de la formation. Nous travaillons désormais à renforcer les liens avec des partenaires institutionnels et à associer nos clients à notre démarche d’innovation.

Le projet du quartier numérique [le Bivouac] est aussi important. Le travail avec des start-ups fait partie de la boîte à outils innovation d'aujourd'hui. Pour un grand compte comme Limagrain, c'est très stimulant, cela met nos équipes au contact de gens qui sont prêts à prendre beaucoup de risques. Et cela amène nos équipes à se poser des questions sur leur façon de voir les choses, leur façon de fonctionner.

Travailler avec nos clients - dans certains cas des agriculteurs, dans d'autres cas des consommateurs - est quelque chose d'assez nouveau. "Comment les associer à certaines de nos réflexions ?" est la question qui nous attend dans les années à venir. Le LIT est emblématique de ce travail.

Propos recueillis et mis en forme par Damien Caillard - www.inlocal.fr

 

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