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Pas comme un rêve

Pas comme un rêve

De temps en temps, assez rarement, la réalité est bien mieux qu'un rêve. C'est la seule manière dont je peux décrire mon expérience au festival de clermont-ferrand la semaine dernière.

C'est donc ainsi que Chris Buzelli débuta sa réponse lorsque je lui ai demandé une petite interview à publier sur ce site. Le contexte est plutôt simple : il me semblait plutôt cohérent de l'interroger sur son affiche qui a fait du bruit et d'en rendre comptre sur Auvergne Nouveau Monde dans le cadre du festival du court-métrage la semaine passée.
D'après ce que j'avais lu sur lui, l'homme était ouvert à ce genre d'exercice et j'ai donc tenté le coup. Voici donc l'interview in extenso avec un énorme merci pour ses réponses et sa gentillesse.

Comment s'est passé la rencontre avec le festival du film dans lequel vous étiez jury l'année passée ?

On m'a dit que chaque année les organisateurs choisissent un artiste pour être dans le jury. J'ai eu de la chance d'être choisi. Par bonheur c'est uniquement mon travail qui m'a permis d'y arriver.

C'est "amusant" car lorsque le poster a été dévoilé pas mal de réactions et d'incompréhension sont remontées sur le web… a priori pour bien comprendre l'affiche il fallait connaitre la petite histoire derrière. Et je ne sais pas si vous avez fait attention mais cette semaine les mouches ont envahi Clermont à travers le festival. Les sacs se vendent comme des petits pains… Finalement tout est bien qui finit bien, l'affiche s'est suffi à elle-même. Vous pensez que vous avez différents types de publics selon ce que vous devez produire, entre les affiches et l'art ?
La question que l'on m'a la plus posée cette semaine était "pourquoi la mouche ?". Et ma réponse systématique était "à vous de me le raconter". J'ai entendu tant d'histoires incroyables pour le garçon à vélo et la mouche. J'ai rencontré une biologiste à une soirée Michelin qui m'a expliqué en long et en large pourquoi elle pensait que la mouche était un choix idéal pour illustrer le festival. J'ai rencontré plein d'enfants d'écoles aux alentours à mon exposition et ils avaient des histoires magnifiques à raconter sur la mouche. C'est pourquoi j'ai choisi cette image, je voulais créer de l'intérêt et laisser l'interprétation libre aux autres. Nous sommes trop gavés d'oeuvres à sens unique et ce n'est pas ce que je veux faire dans mes créations.
Par chance Antoine Lopez et les autres intervenants du festival ont cru en moi et m'ont laissé le champ libre. Et, oui, le personnage sur le vélo est inspiré du gagnant du Grand Prix de 2013, Para Amar Un Helicoptero. Tout comme mon travail ce film met en scène une bestiole en tant que métaphore de quelque chose de bien plus grand. Et pour moi le personnage représente les réalisateurs de court-métrages. C'est un réalisteur qui amène son oeuvre créative et surprenante à Clermont-Ferrand sous la forme d'une mouche.


Etes-vous allés dans des endroits particuliers sur Clermont-Ferrand? Avez-vous profité un peu de l'Auvergne ? Quand on vient du Lake Michigan, est-ce que cette région fait écho à quelque chose ?
L'année dernière j'ai eu plus de temps pour explorer un peu la région. Je suis allé avec quelques réalisateurs et mon épouse à La Bourboule pour passer un peu de temps dans la maison familiale entourée des montagnes enneigées d'un réalisateur local. C'était à couper le souffle ! J'aurais aimé avoir plus de temps pour explorer la région mais j'avais d'autres obligations cette année avec l'exposition et les rencontres. Mais c'était génial de rencontrer des enfants et ados du coin, on a eu de sacrés échanges. Ca n'aurait d'ailleurs pas été possible sans Isabelle Fesquet. Elle s'est occupée de tout organiser et gérer. Son énergie était débordante et virale, elle est super avec les enfants. Je remercie aussi mes nombreux interprètes, notamment Thiebault. J'ai essayé de parler un pêut français mais j'ai besoin de plus m'entraîner ! Je devais aussi partir le vendredi avant la fin du festival pour co-diriger le "Society of Illustrators Annual Awards Show" à New-York. C'est un événement durant lequel de nombreux illustrateurs viennent à New-York pour voir leurs oeuvres originales dans notre galerie et fêter les gagnants de prix chaque année. C'est très proche de la compétition du festival du court de Clermont-Ferrand.

Vous êtes actuellement exposé au Conseil General, avez-vous été exposé ailleurs en France ou en Europe ?
J'ai eu mes peintures à l'huile exposées un peu partout dans le monde mais mon expo au “Conseil General” était un peu différente. C'était comme une rétrospective de mon travail sur ces dernières années. Je n'ai jamais eu de rétrospective et j'étais content de voir qu'elle parlait aux clermontois et aux gens présents pour le festival. Je remercie vraiment le Conseil General pour m'avoir donné cette opportunité. Et il y a eu une soirée spéciale pour moi le jeudi. Un groupe de 5 musiciens a joué spécialement pour moi des chansons d'Americanaet tout le monde a dancé jusqu'au bout de la nuit en mangeant des mini-hamburgers, des donuts et du pop-corn. Comme je l'ai dit, mieux que dans un rêve !!!